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Lavenir.net – La perversion au cœur de « L’Autre »

Premier roman réussi pour Sylvie Le Bihan. Avec «L’autre», elle plonge le lecteur dans l’univers trouble de la perversion narcissique.

Lorsque dix ans après le 11 septembre 2001, Emma, une Française, est invitée à New York aux cérémonies de commémoration des attentats, une terrible angoisse l’étreint. Pourquoi se sent-elle coupable, dix ans après, de la disparition de son mari dans la destruction des tours? Sur place une autre femme, Maria, ne semble de son côté pas très sensible à la tristesse ambiante. Qu’est ce qui unit ces deux femmes?

L’autre, le premier roman de Sylvie Le Bihan évoque d’abord l’histoire d’Emma, une jeune Française, étudiante en médecine et croqueuse d’homme. Jusqu’au jour où elle rencontre «l’autre», l’homme avec qui elle va faire sa vie. L’homme qui va la détruire, petit à petit. «L’autre, explique Sylvie Le Bihan, est un pervers-narcissique. C’est une notion qui n’existe pas en psychiatrie, qui a été inventée par Paul Claude Racamier et popularisée par Marie-France Hirigoyen. Elle m’a d’ailleurs aidée pour la rédaction de ce roman. Cette notion unit deux troubles, le narcissisme et la perversion: on parle de harcèlement moral ou de manipulateur pervers. C’est un trouble tout autant masculin que féminin. Pas besoin de force.»

Emma l’héroïne de ce roman ne se rend pas compte tout de suite de la nature exacte de celui qui deviendra son mari. «Les pervers narcissiques vivent dans un monde différent, c’est inconscient. Et mon héroïne ne se rend pas compte directement de ce qui se passe. Il y a plusieurs phases dans l’approche. D’abord la séduction. L’autre devient l’âme sœur, celui qui écoute et qui engrange de quoi faire souffrir plus tard.»

Et ça marche. Bientôt Emma est petit à petit détruite. Perd sa confiance en elle, pense qu’elle est responsable du mal-être de son mari. Cherche sans cesse à mieux faire, en vain… Jusqu’à ce jour où, à New York…

La fin du roman recèle une belle surprise… que nous ne dévoilerons pas! Elle permet aussi de lier le destin de deux femmes, celui d’Emma et celui de Maria, une jeune mère de famille, battue par son mari, également victime du 11 septembre. «Pour moi, le 11 septembre, c’était vraiment le bien contre le mal. D’un côté le terrorisme et de l’autre des victimes. Or, statistiquement, je pense qu’il y a de salauds qui sont morts dans les tours et des gens que ces morts ont libérés!»

En associant violences physique et morale, Sylvie Le Bihan met aussi en évidence la difficulté de décrire la violence morale. «Emma et Maria ont été brûlées par la même flamme, la même volonté de destruction. La différence, c’est qu’on est de plus en plus attentif à la violence physique. Une violence que l’on peut prouver. C’est le grand problème de la violence morale. Elle est quasiment impossible à prouver et surtout peut être un poison qui continue à faire effet très longtemps.»

L’autre est un roman psychologique et presqu’un thriller qui, à coup de flash-back, nous mène à la véritable délivrance d’Emma. «Très clairement, il n’y a qu’une solution pour éviter un ou une pervers narcissique, c’est de fuir. Ou alors se distancier grâce à l’humour. Mais c’est réellement difficile.»

Marie-Françoise GIHOUSSE

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20140529_00483955

 

 

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